
NOVEMBRE 2015, le 29
Aujourd’hui, Paris devait accueillir la grande marche mondiale pour le climat, marche annulée suite aux tueries du Bataclan et de la rue de Charonne. Alors j’avais tenté d’organiser une mini-marche de 10 personnes entre Nation et République, de 14 heures à 16 heures. La veille, une seule personne s’était inscrite « peut-être »...J’ai donc marché en solitaire sur le Boulevard Voltaire, mes dix mètres de ruban vert dans ma poche, sauf un nœud épinglé à mon blouson....j’aurai de quoi habiller les paquets de Noël !
J’arrive donc par le RER, gratuit aujourd’hui (pour use de COP 21 de nombreux axes routiers sont fermés à la circulation, sécurité maximum pur les chefs d’état invités !) j’attends 5 minutes.

Personne, le « peut-être » a viré au « pas du tout ». Je me mets en route à 14 heures.

Très vite je me prends au jeu de la re-découverte :
Avenue de Taillebourg : après s’être appelée avenue des Triomphes, elle est rebaptisée en 1864 du nom d’une commune de Charente Maritime, où Saint Louis vainquit les barons poitevins. C’est déjà le choix de la décroissance, on passe « des triomphes » à une victoire contre une fronde provinciale !
Puis folklore, la rue de Tunis joue le rôle de la merguez entre l’avenue de Bouvine et l’Avenue Philippe Auguste....et pas loin Voltaire nargue l’air narquois l’avenue du Trône qui se prolétarise en recevant la foire du même nom. La rue de Montreuil traverse le boulevard peu avant la station de métro Boulets-Montreuil, je reconnais alors l’endroit où j’avais passé une partie de la journée du 1er mai avec le collectif Roosevelt.
Je rencontre bientôt Alexandre Dumas qui a droit à un passage Dumas et à une rue Alexandre Dumas. De même Voltaire a droit, en plus du boulevard, à une rue et à une cité : grands appartements, petits appartements, et chambres de bonnes, il aurait adoré.
Entre la Cité Voltaire et la rue Gobert, un grand Noir s’appuyant sur une canne anglaise m’aborde, me demandant une pièce pour un café. Je l’invite à boire un café en mettant tout de suite les choses au clair. Mais oulala, il ne peut concevoir qu’on puisse être à la fois seul et heureux. Pourtant je suis là, devant lui, mais non, il ne voit rien. La preuve que la tendance chez l’être humain c’est de croire uniquement en ce qui le rassure. Ainsi l’homme croit que toutes les femmes ont besoin d’un homme ! Bref, je continue ma promenade.
Rue Gobert, peut-être le nom d’un général de la Révolution Française, Jacques Nicolas Gobert, ou à un Gobert qui appartint à l’ordre des Prémontrés... en tout cas cette rue est dotée d’une belle façade portant, gravé dans la pierre, la raison sociale de l’artisan qui occupa un temps le rez de chaussée. On croyait alors dur comme pierre à la pérennité des affaires de famille.

Là, je recopie ma publication de ce soir sur Fasse Bouque :
Cet après-midi je marchais en solitaire
Sur le Boulevard Voltaire
Entre Nation et Richard Lenoir,
Mes dix mètres de ruban vert
Dans ma poche et mes yeux
Bien ouverts.
J'ai rencontré Samba un grand noir
Qui rêvait d'un café
Je l'ai invité, puis on s'est séparé
Le Gymnase Japy s'est mis
En travers
De mon chemin joli
Sans parler de la menuiserie
De la rue Gobert!
Et sur les photos la Parapharmacie
Vitrine relookée par les maillons
De la chaîne humaine.
Puis jour de veine
Trois "aventuriers" de fin de semaine
Venant de République
Tout parfumés encore de gaz lacrimogene
Voulaient prendre la Bastille
M'ont demandé la direction
De ce bastion
Inique et mythique
Transformé en temple de la musique.
J'ai pris un chemin identique
Marché sur les eaux du canal St Martin.
Un gros bourdon à hélice jouait à l'ange gardien.
Les mouettes nettoyaient le marché du dimanche matin.
La camionnette de la Croix Rouge ramassait un gars mal en point.
Quand j'ai voulu à la Gare de Lyon
remettre mon train-train quotidien
Sur les rails du RER vaille que vaille
J'ai dû jouer à saute mouton
Avec les colis orphelins
Et la SECURITE en ordre de bataille.
Lot de consolation:
Une rame de la Ligne Un.
A Charles De Gaulle-Etoile
Les étoiles du Général
Guidaient encore les agents
Armés jusqu'aux.....
Pour protéger le quai désert.
Vade retro candidats au RER.
En souriant, en bavardant,
On a finit par y arriver
A la Défense on a pu monter
Dans notre mode de transport préféré.
Quelle belle journée m'a été donnée
Par mon Paris tant aimé!
MOT A MOT DES RUES DE PARIS
Je marche d’un bon pas
Vers la MAISON de la RADIO
Je compare les tours là-bas
A des cartes perforées
Semblant tracées au cordeau
Par des yeux ultra-formatés
Et densément habitées
Par des 1 et des 0 ! des zéros ou des O ?
A propos de ce O
Je traverse la rue des Eaux
Avise à l’angle une flèche
Pointée vers le Musée des Vins
On m’attend !
Ça m’empêche
De prendre le temps
De me fendre la pêche.
Plus loin Passage des Eaux
Le passage de la Mer Rouge
Me passe par la tête
Les tonneaux du Musée ont-ils débordé ?
Le conservateur est-il pompette ?
Et tout à coup je m’souviens du cimetière
Celui du Père Lachaise
Avec à l’ombre de ses murs
Le square Karcher
Et la rue, la rune, non pas de la Bière
La rue, la rue, la rue....du Repos !
N’ont pas osé la rue du Trépas
La rue du faux pas
Ni opté pour la rue de la Retraite
Ou celle de « C’est fini la fête »
Sur l’autre rive 15ème la rue de l’Eglise
Longe le square Violet
Avec gourmandise elle susurre les chapelets
Qui en Carême sont de mise
Et drapés de violet.
Elle se réjouit , la rue de l’ Eglise,
De se jeter
Dans les bras de la rue Saint-Charles
Qu’elle prendra vers la gauche
Direction « le confessionnal »
Pour se laver rue de Javel
De tous ses péchés véniels
La place Cambronne
Dans sa barbe ronchonne
Plus à l’est le Bld de Grenelle
Tout vibrant d’accords exceptionnels
Fraternisent avec Garibaldi
Diapason 1968
Garibaldi qui foutut il foco à l’Italie
Et qui aux délégués aujourd’hui marmonne
« Chers syndicalistes, tirez les premiers »
Puis leur balance avec élégance
Un "merde" sonore sous le pied gauche
Comme chacun sait ça porte chance
A condition d’être adroit plutôt que gauche
Ce qui n’est pas mon cacaca Caractère !
PLANETE EN ALERTE
Le jour sur une main s’est soulevé
S’est retourné a hésité s’est levé
Le vent a cessé de rêver
Et les framboisiers ont rêvé de voler
Palpitant de toutes leurs vertes feuilles
De leurs rameaux pas encore déplumés.
Pourtant décembre est déjà
A moitié consumé et
Sur ce chemin la sagesse humaine l’a
Précédé. Un jour renaîtra
De ses cendres éparses
Lumière sur la vie aux abois
Espérance de l’avoir à nouveau pour comparse
De nos projets, de nos rêves, de nos choix.
SUR LA GREVE AU COUCHANT ?
(sur la mélodie "Quand les hommes s'aimeront d'amour" de Félix Leclerc, on a les références de son âge)
Quand les trains redémarront
Les gens auront purgé leur peine
De proche banlieue ou lointaine
A la fin d’ la grève ils boiront.
Finis les levers à cinq heures
Les trajets à pieds à vélo
Ou en voiture à cinq à l’heure
Ou entassés dans le métro.
Quand les trains redémarront
Plus de chasse au covoiturage
Sur le périph moins de bouchons
Plus d’arrivée au taf en nage.
Les femm ‘s largueront leurs baskets
Chausseront leurs talons aiguilles
Elles auront l’temps d’être coquettes
Lèvres fardées œil qui scintille.
Quand les trains redémarront
Les gens auront purgé leur peine
De proche banlieue ou lointaine
A la fin d’ la grève ils boiront.