viseur sur le passé
dans l’œil pur du rétro
en miniature la lumière
du nord puits de feuillage au fond
le ciel lumière du nord miroir
du soleil
couchant dans le miroir
du rétroviseur
la lumière du nord
captive
du rétroviseur me capture
je bascule je dévisse toute la hauteur
je glisse une paroi végétale la verticale dure
du vert détroussé des tilleuls
ô
dans un céleste fjord
sous la brise je m’abîme à l’envers
monte
dans un vide vide de rumeurs
plein
de lumière du nord lumière surprise par
le soleil couchant touchant derniers feux dans
le miroir indécent de
la lumière du nord fleur du bord du monde
bientôt moribonde
fragment sans confins sans fond capturé
par un rétroviseur
et
bascule le monde fjord éthéré bleuté
bleu aphone lumière d’épiphanie
peau qui jamais n’endura le soleil
transparente lumière de grande constance de bonne
consistance tentation
de permanence illusion d’invariance
éternité
passagère d’un rétro viseur bien réglé
bon angle juste visée capturée
l’éternité bat
de l’aile devient
temporelle blanc laiteux blanc de l’œil poudre pâle
poudre aux yeux bleu diaphane lumière sans âge sans
horloge l’image se fane s’étiole
état létal l’illusion détale
encore une que j’avale
pauvre feu de Bengale
tromper ma fringale
ah
la libellule
a oublié sur la paupière
plastique noir du rétro
de se poser battement
de rayons de soleil bord
de la mare du ciel
ciel vide écarquillé libellule
éclair orange
orage de vibrations
la visière du viseur se vide
vidange sensorielle à tire d’aile
la nuit mange la terre
le ciel plus qu’un œil
globe noir dimensions non précisées
laissées à l’appréciation des randonneurs
du soir
oui non
qui sait
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