La saveur de ce soir où nous n'avions plus peur
A enflammé ma langue a fissuré la gangue de mes vases clos
Et mon cœur a battu dans la nuit de sa bouche.
D'entre mes lèvres par la salive vernissées lente a coulé
La trop verte infusion de ces vers incendiaires
Palpitante éruption d'un magma subsidiaire
Nos sages précautions une lave d'images les avait englouties
Et nous avons dansé
Sur les geysers de l'imaginaire
Des terres noires et des rêves clairs
Des papillons des avatars des inventaires.
Il n'y eut ni plus routes ni chemins
Juste nos destinées
Soumettant pas à pas la prairie, la poussière
Les pierres et les fourrés
Et le goût de la vie courant dans les ruisseaux.
Dans nos inspirations dans nos transpirations
Nous pûmes pressentir qu'en d'autres univers
Sur des substrats gazeux, des envies vaporeuses
Se déployait l' intime ombelle des exo- planètes
Ces lointaines banquises de particules élémentaires.
Dans la saveur du soir où nous n'avions plus peur
Nous sentions le baiser des bosons babilleurs qui tentait de biaiser
Avec la boulimique emphase d'un univers grippé.
Bosons supports de force et ressors agissants
Et des fermions les trois générations, les quarks aux six saveurs
Assaut et bras de fer contre les antiquarks accouplements triangulaires
Du up et du down du strange et du charm du top et du bottom
Par la grâce des leptons anti- up et anti- down, anti- strange, anti- charm anti-top anti-bottom.
Et nous qui les fermions avons rouvert nos yeux
Nos ouïes nos papilles nos ports nos forteresses nos ouïes nos papilles Et nous avons joué au jeu des saveurs douces
Comme des funambules sur un rayon laser
A la faveur d'un soir où nous n'avions plus peur
Ni du strange ni du charm
Et moins encore du top et du bottom
Où nous rebondissions up and down and aside all over town
Dans une anabase à travers l'éther vers un univers
D'amours particulaires.
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