Dans les cryptes du temps
il y a
Des années qui boitillent se déhanchent
Des semaines qui se traînent et s'essoufflent
Des jours qui s'époumonent pour faire diversion.
Dans les lacunes de l'enfer
Il y a
La vase des rendez-vous manqués
Les mousses du mutisme qui courent sur les parois
Et masquent les secrets gravés dans la craie.
Dans l'antre il y a
Les heures où le doute suinte des voûtes
Il y a en outre
La joute des secondes qui goutte à goutte tombent
Et s'en foutent.
Mais dans le fond
Au fronton des temples, auréolant les tempes,
Il y a pour de bon
Des années qui fleurissent et scintillent
Traversent avec panache le ciel de nos pensées
Parsèment les semainiers de grands jours ajourés
Qui jouent aux étoiles dans le ciel gris des jours
Sur la joue bleue des nuits
De beaux jours azurés qui jouent les stars
Sur la scène des soirs répétant le grand soir.
Mais aux cimaises accrochées
Plus belles encore ces nuits bien noires
Qui caressent ces simples étoiles
Des clous à tête d'homme plantés au front du cèdre
Tout polis de mystère de questions en suspens
Ces nuits où tu pressens que le toit et toi
La voile du cèdre et la modeste étoile,
Tout peut basculer vers le silence, le néant, le rien,
Sans une explication.
Le silence alors
S'endort sur un oreiller d'or
Et même la nuit devient lumière.
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