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PRéCIPITé

Précipité au fond d’un après-midi étroit et lisse comme un tube à essais

J’ai jeté des cailloux aux buissons

Car ma colère

Ma colère n’avait pas de nom

Six heures du soir un petit jour - les petits jours

Sont toujours blafards-

A déchiré les nuages noirs

A minuit le soleil a brillé à minuit

Il aurait luit je n’en sais rien car

Lui c’est lui

Lui c’est lui et moi c’est moi moi qui

Dans mon émoi l’ai oublié

Ce jour de ma naissance

Oubliée égarée

Mon enfance passée à passer à côté des incandescences

Des splendeurs de midi toujours

L’aube du silence le potron - minet des cloches de bois

Les chiens et loups que l’ombre aveugle

Les crépuscules entrebâillés

Par des nuits à croupetonS

Sur des fosses vides

Vide de l’attente vide des mots vidés de leur lumière

Et les buissons crépitent sous une pluie de cailloux.

Où est la terrasse illuminée ici-bas surement

Ici mais ses murs de clarté je ne peux les franchir

Ou là-bas oui là bas elle sort de l’estuaire

Double un cap de pacotille paquebot dans la bouteille à l’encre de la nuit

Passagers derrière les hublots fourmilière de passagers

Inquiétants hiéroglyphes sous l’œil de curieux microscopes

Franchir le mur du secret comme le soldat butter sur ma pierre de Rosette

Celle qui gît sur les galets vagit sous le vent et ponce les embruns

D’avant d’après. Attendre la vague la bouteille

Vide

Ou pleine de vase de plancton de liqueur maternelle

Un papier naufragé l’encre pleure message effacé bois flotté un stylet

Et j’écris sur le sable

Entre les noires enluminures des fucus spiralés je sais bien que la mer

Mettra sa touche son grain de sel ses pattes de mouches son désordre

Brouillera les signes dans un souffle chargé du brouillard

Des corps

Corpuscules corps huit corps neuf corps dix pas plus

Béants les yeux bivalves fouillent le sable AR CARTER AR BERKLEY ALGERIAN ART

DECODE Curls MT Edwaerdian Script III il faut décrypter les corps flottants

Les bois flottés le varech flotteur tamiser

Passer au crible la vague finissante le rivage naissant

Les doigts en pincent pour la lecture en crabe

Des mots de marée basse.

Six heures du soir un petit jour - les petits jours

Sont toujours blafards-

A déchiré les nuages noirs.

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