LE VELOUR NOIR DU SILENCE
Sur le velours noir du silence
Sur la basse continue des bourdons
Et des abeilles cherchant leur pitance
Etincelle le chant du pinson.
Sur les longs rubans noirs du macadam
Les archets des autos se sont tus
Cédant l’avant-scène au mélodrame
Des vieilles pies en froufrous de tutus
Pour leur part les jeunes pies s’interpellent
A corps, à cris, aigus et stridents
Qui rayent le dais bleu du ciel
Mieux qu’une pointe de diamant.
Le rouge-gorge est bien plus discret
A qui s’adressent ses pépiements ?
Toujours à l’orée du bosquet
Où bien caché son nid l’attend ?

Sa dame brune tout le jour y couve
De ses ailes et de son chaud giron
Ses chers œufs, plus pugnace qu’une louve
Plus tendre que mère donnant biberon.
Plus grand demain sera le danger
Quand tous les œufs grand-éclos seront
Qu’avant de chanter puis s’envoler
Les petits de joie pépieront
Le roucoulement des tourterelles
Roule d’un bord à l’autre de l’allée
Elles s’égaient dans un froufrou d’ailes
Aussitôt que l’on vient à passer.
C’est le printemps de tous les repos
Le virus couronné a tranché
C’est la fête au pays des oiseaux
Dans mon jardin tout là-haut.