LA QUEUE DES CONFINES
Ils tentent, ça joue la resquillette
C’est la vieille peur de la disette
Qui hante les ventres et les têtes.
Les rouleaux de papier-toilette
Obsèdent la clientèle inquiète.
Devant la palette
Loin d’être complète
On grogne, on fait le coup de poing,
On voudrait, on aimerait du moins.
La peur de manquer
Un peu avant Pâques
Gloria ! est ressuscitée.
La longue queue parfois ondule
Comme la mer sous la férule
D’un vent de folle envie,
De « moi d’abord » et à tout prix.
Imperturbable le vigile,
Saint-Pierre aux portes du Paradis
Compte les heureux élus,
Trop heureux de quitter la file
Pour se faufiler entre les gondoles
Les mâchoires serrées,
Pas un qui rigole.
Les queues aux caisses sentent la détresse
En se croisant forment des tresses.
Et pourtant rien ne presse, ni demain
Ni aujourd’hui, pour les confinés.
Confinés seront jusques aux confins
De la Saint-Glinglin !