L’invisible brouillard du silence
Avait rendu le monde aphone
J’ai voulu garder la cadence
Des mots libres des vers et des chaconnes
Gaillardes et rigaudons pleins de prestance.
Des feuillages le vent réveillait la danse
Du style cuivré naquit un charleston
Les marronniers entrant en résonance
Prirent leurs grappes pour des trombones
Bientôt les balançant avec aisance.
Les prairies tanguaient, toutes grâce, élégance,
Soulevées par le swing du saxophone
Les promeneurs s’accordaient à la transe
Les vastes pelouses coiffées à la garçonne
Se trémoussaient sous une brise d’adolescence.
Le monde semblait pressé de perdre son innocence
De migrer des parfums de l’archégone
Vers ceux plus enivrants de la connaissance
Qui démêlent frisent et festonnent
Les fils d’Ariane de la conscience.