ONZE MAI
Même le vent ce onze mai
A compris : de sortir du confinement
A la triple couronne tressée
De crainte de tristesse de solitude
D’émerger de l’hébétude
Pour reprendre certaines habitudes
Et renoncer à d’autres
L’heure est venue.
Il l’a compris le vent furieux
Taureau soufflant par ses naseaux
Pour balayer toute trace de peste.
Buttant sur un érable d’Amérique
Il se délecte de la délicate découpe
De ses feuilles qui à l’automne mettront le feu
Au centre des jardins silencieux
Puis se jetant sur les grappes rouillées
Du lilas qui jusqu’à la lie
A bu la coupe sans un cri
Se pliant aux lois de la vie
Pas toujours très catholiques
Et subissant le fouet du vent.
Les tribunaux de la météo
Seront toujours inconséquents.