Polymorphes des pastilles
De peau bronzée
Défilaient derrière
L’ardent écran
Des buissons assoiffés
Avec l’insouciance des filles
Quand à sa fin tire l’été.
Pauvre ombre tiède de l’allée...
La lumière dorée y plantait ses dents
Y inscrivait à chaque morsure
Une nouvelle déchirure
Des boutonnières aveugles
Indécises des lèvres muettes
Imprécises analphabètes.
Les saules à la Seine lavaient
Leurs cheveux verts
Les aulnes argentés encadraient
Les échappées belles vers
La surface du fleuve qui froissé
Par la brise semblait
Vers sa source remonter.
Et moi l’entrejambe pétri
Par ma vétuste selle
Toujours pédalant je cherchais-
Ma quête ne manquait pas de sel-
A retrouver le point où ma vie
Avait quitté son lit
Abandonné la vallée
Qui lui avait été donnée
Pour une autre où elle croyait
Devoir couler.

La vallée du désir
La seule qui puisse dire
Quelle rivière en ses veines
Courait à perdre haleine.