Grave est l'heure
Les arbres pleurent
Et le long des toitures
Les gouttières se fissurent
Fuient et même débordent
Les feuilles mortes en horde
Courent dans les caniveaux
Vers quel ruisseau vers quel tombeau
Et tombent les secondes
En gouttelettes rondes
Qui éclatent et rament
Sur le macadam.
Grave est l'heure
Les arbres pleurent
Ondoyant les voitures
Parquées sous leurs ramures
Une larme à la feuille
Le tilleul est en deuil
Le marronnier grillé
Par quel soleil exacerbé
Sème ses feuilles sur le sol
Ses fleurs et ses folioles
Résigné il soupire
Souffre le martyre