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Perdu dans les nuages le mois de juin

Déchiqueté par les vents changeants

Apporte dans ses bourrasques

L'écho des explosions de feux d'artifice.

Voiture qui démarre, brusquement,

Par la vitre ouverte un bras s'agite,

Un lien se tend jusqu'à rompre.

Les nappes de silence éventrées par les cris de bêtes

Et les coups de boutoir des engins de chantier de la rue à côté

Rougissent la rivière du matin comme elle coule

Entre les haies défleuries des jardins

Jusqu'à l'heure du tout ou rien.

Le temps comme un platane

Redessine sans cesse sa géographie

En perdant ses écailles grises

Et le pollen doré des roses trémières

Dépose sa poussière au cœur des corolles pourpres

Comme un fragile message émergeant du silence,

Comme le mot sur la langue, le soupir de tendresse

Très délicatement posé à l'orée de l'intime

Comme une réparation

Une réponse douce à toutes les questions?

Mais le grand pavot mauve aux pétales striés en leur cœur

D' un faisceau serré de points d'exclamation à l'encre violine

Ebranle les certitudes: pourquoi, pourquoi, ces traces

Presque un feu éteint autour du petit dôme nervuré de son pistil.

Et le bourdon féroce, et l'abeille assidue, et la mouche ventrue

Qui s'acharnent entre les étamines.

Fermer les yeux pour y mieux voir.

Rien ne vient combler le grand écart de l'inexplicable.

Le vent, encore le vent, les pétales

Se détachent et rejoignent le sol

Au hasard des courants ascendants et de la pesanteur.

Les vents du mois de juin sèment le doute

Et la déroute.

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