Vent de l'été sur un champ de silence
Des épis plus chauds que pierre d'escalier ou mur de cimetière
Des pépites enfouies dans la bale et la barbe.
Surgit un sifflement précautionneux, serti d'innocence:
Avions aseptisés, faux bien aiguisées
Qui froissent froidement ce qui restait de lisse,
Renversent la moisson sur le sol: mise à mort
Gisants par brassées silence de mort.
Vrombissement rutilant des automobiles
Irruption de mâchoires puissantes
brasse l'air sec
Puis parfois balayé par le vent
Parfois étouffé par les bosquets
Toujours revient comme un manège
Et dépèce les fruits du silence
A coups de tours de roue et d'engrenages.
La paille bottelée le grain broyé
Rien ne demeure qu'une farine grise
Asservie le temps du passage d'un pousseur sur ses flots
La Seine