Au cœur des aiguilles noires des pins
Des bouquets de neige déposés par le vent
Au dessus du chemin forestier
L'estuaire du ciel baignant les cimes.
Marcher. Parfois un lac paisible
Une tourbière esquissent un horizon
Vite happé par les troncs puissants.
Avancer encore quitter cette beauté.
Aller où sont les hommes
Les routes et les champs
Où la main sombre des nuages
Caresse l'invisible
Franchir la frauduleuse frontière de l'horizon
Découvrir les villages les villes les métropoles
Et des millions de corps humains qui marchent et courent
Et combien d'adolescents assis sur les trottoirs
Puisqu'il n'y a plus de bancs
Celle-ci penchée sur ses pensées le visage avalé
Par ses longs cheveux bouclés
Et ces deux-là un garçon une fille s'adossant enlacés
Au mur d'un cimetière.
Le défilé des bien-nourris des bien-vêtus
Le costume taillé dans du papier glacé surfant avec aisance
Sur la mer du succès.
La robe chic perchée sur des talons aiguilles
Martelant sa supériorité sur le silence des chaussures effacées.
Chercher les yeux souvent perdus sous quelque invisible horizon
Et les regards offerts parfois
Sous le auvent des paupières apaisées.