Je voudrais te dire la petite joie, le bruissement d'aile de la roue sur l'asphalte, la danse maritime des cheveux dans le vent, la fuite des arbres et des maisons. Joie de la route.
Je voudrais te dire ce pain quotidien de la joie, la diagonale de soleil jouant de l'orgue dans la futaie, ranimant la croute morte d'un tapis de feuilles. Joie dans la lumière.
Je voudrais te dire la flamme, protégée par la main en coquille, qui dans la grotte vacille et révèle, à la faveur d'un courant d'air, ocre d'une empreinte agitant ses doigts à la fenêtre du temps obscure. Joie de la découverte.
Je voudrais te dire la soudaine dilatation de l'espace intérieur de qui s'abandonne à la rivière des mots et des regards. Joie dans la rencontre.
Je voudrais te dire la vrille galopante des secondes brodant l'ADN des chemins, la fleur du plexus, l'accord parfait du cœur sur la mélodie des jours bleus. Joie de la vie.
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