Toi à mes côtés depuis le premier jour, le premier cri. Toi, somnambule aux yeux grands ouverts sur la cible invisible.
Toi, ferment poivré qui fait lever la pâte de tous les pains d'épices servis au grand festin.
Toi, fève empoisonnée si nécessaire à ma curiosité, placée au cœur des gâteaux d'épiphanie et que déjà j'entends grincer sous la lame aveugle qui tranchera ma part.
Toi, ressors de ma vie qui parfois surgit d'entre les pierres chaudes et fait trébucher mon pied d'allègre marcheuse.
Toi, capable de toutes les métamorphoses, paisible prairie, gouffre terrifiant, montagne fascinante,
Toi ma mort, qui depuis toujours ne dort que d'un œil sous un lit d'herbes sèches, tu ouvriras l'autre sur la fin le début d'un interminable chemin d'amour.
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....Quelque soit le moment
Où dire et ne pas dire
Soulève dans la coupe
Le même tremblement
....Et ce clairon du jour
Dans la main qui le presse
Répond au rythme sourd
Du parchemin des toits. Pierre REVERDY