Tu étais loin, et pourtant très proche quand soudain les pétales du soleil se mêlaient au feuillage de l'érable.
Tu étais loin, plus loin que tout, à l'heure où le ciel bleu semblait vendre son âme aux sombres toits d'ardoise.
Tu disparaissais tout à fait de l'horizon si tu ne croyais plus pouvoir aimer la brume et les nuages.
Comment oublier la beauté? Comment ne pas attendre patiemment que parlent les fleurs?
A l'orée du jardin, un bouquet d'asters tout bourdonnant d'abeilles.
UNE PIERRE
J'ai toujours faim de ce lieu
Qui nous était un miroir
Des fruits voûtés dans son eau
De sa lumière qui sauve.
Et je graverai dans la pierre
En souvenir qu'il brilla
Un cercle, ce feu désert.
Au-dessus le ciel est rapide
Comme la pierre au vœu est fermée.
Que cherchons-nous? Rien peut-être
Et la passion n'est qu'un rêve
Ses mains ne demandent pas.
Et de qui aima une image
Le regard a beau désirer
La voix demeure brisée
La parole est pleine de cendres.
YVES BONNEFOY