CLAPOTIS ET DéFERLANTES, JOURNAL DE BORD
Le ressenti d'une poète devant les calmes plats, les grands frais, les tempêtes, les beautés, les injustices, avec par-ci par-là une pincée d'humour. Et des mouvements d'humeur bien sûr, autrement la vie serait ennuyeuse!
Que des doigts inconnus brassent rassemblent tressent
Les fils de la Vierge
Les cheveux immaculés des saints du ciel
Et de toutes les innocentes bénédictions dispensées au hasard
Par les bancs de brouillard
Et de brume, les modestes stratus
Les angéliques cirrus les cumulus rabelaisiens
Aux joues gonflées
Comme celles des anges sonneurs
Préposés à l’annonce de l’ultime du redouté jugement dernier.
Tous ces cheveux
Eclatants de blancheur, blancheur du sourire
D’un temps aussi vieux que l’éternité se tissent et s’enlacent
En crinières de pur-sang
Danse de mousselines célébrant sept voiles
Ceux de Salomé, rêve, esquive, désir, mort, rédemption
Eternité, éternité, éternité,
Niant l’espace d’un serment l’attraction terrestre,
L’espace d’un serrement de cœur l’humaine pesanteur
Cascades suspendues
Aux corniches sévères d’un paradis karstique
Avant la chute la rédemption le rétablissement, chute rédemption rétablissement, chrrr.
Parfois des hallebardes
Fauchées par l’arc-en-ciel mitraillent le miroir
Des lacs verts, bleus, gris ou noirs, venant à bout d’une sérénité
Qu’ils vomissent en gerbes
Vers la vallée, les hommes et leurs fumées,
Vers les ruines du futur le gouffre de l’oubli la tombe des puretés
Où tourne le silence
Comme une fraise usinant sous la lampe à arc
L’entonnoir d’un nombril le tourbillon d’une perte d’une aspiration.
Des cascades écumantes aux cascades de notes!
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JEUX D’ORGUES
Hommage à THOMAS OSPITAL pour le concert donné le 26 juin 2017 à l'Auditorium de Radio France, Paris.
DANSE LE SILENCE
Du bout des doigts dévoilée
Doigts de bois doigts de fer bras
De fer de mer et d’air
L’Aube Lumière vole
En éclats éclabousse l’ombre
Et le miel des bois
Gaufrés feuilletés mariés
En mains recueillies
Dans la prière des fileuses
De sons d’harmoniques
Des tisseuses montant la trame
Pour que fière s’y lance
Silence et louanges
La navette d’harmonie.
Mais pour l’heure nacelle renversée
Ciel désignant le vaisseau amiral
L’aurore boréale des grands mâts de métal
La banquise en gradin des claviers
Le banc de nage.
Seul maître à bord le pilote
Assure son assise balance ses pieds
Par-dessus bord caresse le pédalier
Déjà l’espace autour en lui se dilate.
DANSE CORPS ET AME
Il a franchi le Rubicon
-Brassent les pieds le gué flottant du pédalier-
Persuadé le silence
De livrer ses chants d’abysses
De fosse océane.
Grondements d’un monde hors-champs.
En toute envergure se déploient
Les bras vagues puissantes déliés les poignets
Nageoires les doigts
Enlacent les claviers de blanche écume
Les galets la grève.
Des intestins de métal
Montent brasillent
Le bruissement des broussailles.
Têtu touche à touche
L’arpenteur éveille les andins
Fait crier le foin
Ebouriffe à tue-tête la lisière aux oiseaux
L’empire du milieu
Soudain joue les extrêmes
A la volée sème
Au –delà du champ le ru
La frontière les nues.
DANSE L’ESPERANCE
Battements d’âme
A mesure d’un bras gauche emporté par la danse
Du temps quand il pulse
L’espérance pendant
Que la main droite creuse
Encore le sillon
La fertile cadence pour
La veine rêveuse
Aux tempes bleutées d’un lac
Pour les entrelacs
Diaprés du silence ému
D'un cœur nu.
Façon mosaïque, puzzle ou carambolage, carte postale postée en mars 2016.....
Entre cuisine et jardin
Du piano à la vitrine
Céramique « made in » Iznik et boîte à musique
Ma vie en pièces éparpillée tient la scène
Batailles sur plan de travail.
« Carambolages » marabout
Bout de ficelle de cheval
De course à pied à terre terre de feu de Bengale
Version Grand-Palais printemps
2016 pas de prétention à la synthèse
Demi-galette de chêne
Criblée de fines cicatrices
Coups de scie circulaire cru 2015 à Milly la Forêt
Opinel à virole appel à bénévoles
Canard Enchaîné agenda
Androïde fissuré
D’avoir plongé d’un vélo
Sur carte au cent millième du Haut-Jura
Edition mille neuf cent quatre vingt dix
« Austerlitz » roman signé W.G. Sebald
Inventaire pacifique
Loin des enjeux stratégiques
Ni l’Opinel ni le moindre Carambolage
Ne rejouent Austerlitz aucun vainqueur
Nul vaincu lorsque règne la sagesse des ordres
Fluctuant entre absolu et relativité
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Sur l’abdomen du silence se penche danse
Une oreille en éveil qui étanche sa soif
De plage blanche et l’âme
A l’aise s’ébat se pose
Comptant sur ses doigts les cristaux
Froides roides roses au parfum d’infini
Sables muets déclinant d’éphémères signatures
Hérissées de brindilles
Au bas d’un fragile serment de pureté.
En moi cherchant un mur nu Mur refuge....
Traque de la nudité
Du mur du front du fronton
Mur des frontières, mur des affronts
Devant lequel nu
Sans mots je serai.
Mur sévère mur sevrant
Quête d’une naturité d’avant
Les mots les mimiques
Le ton sur ton sur tous les tons
Tous les modes à la mode
Les armures des codes.
Pressentiment oui qu’il est là
Un mur là presque obscurité
Nu affranchi des standards télévisés
Libérateur de toute apparente
Assurance du jeu
de rôle prêt-à-porter
Peut-être dans la peine
Ombre de mon sous-bois
Qui sait mur des cris de douleur.
Charpentière nue donnant un sens
A mes rares lamentations
Une orientation hérissée des
Bourgeons de la métamorphose.
De permanence aussi bien
Lichen en berne mousse muette
A peine éclose.
Fertile de son tout de son rien
Du grand écart qui la travaille.
Mur frontière......
LE SEUL
Derrière
Le rideau de bambou usé par les vents
Derrière
La gloire d’un jour convoitée par la nuit
Le fond de la tasse
Le couchant des temps heureux
Le soleil rouge
Il prend patience
Attend le repos l’inaction
L’éclosion du songe creux.
En tapinois le sentiment d’absence
Absence d’un autre ou d’autre chose
Absence d’un soi absence
A soi.
Il attend
Une vague brise
Traversée de frissons
D’un coup comme un nuage
Crève se répand en ondée gouttes
Froides de tristesse anonyme
Pire fait le coup de la grêle
En rafales réitérant un son
Sec né d’un rien
Propage
Le sourd vibrato du
Manque du perdu du fantasme atterré.
Il pleut à verse à seau à torrent
Le sentiment
D’absence
Noie
Les infimes plages où meurent
La vague de nos œuvres
D’où partent les âmes sœurs
Où peut-être las nous trébuchons.
La lame gonfle le niveau monte et tout
Semble s’éloigner
Laissant sur un îlot de sable
Le seul nettoyé jusqu’à l’os
Ainsi qu’il se voit
Le seul
Penseur d’interrogations
« Encore lui ? Encore là ? »
Soudain si seul envahi d’absence.
L’ombre là quelque part cette amie de la nuit
Comme l’étreinte d’une tristesse inquiète.
BALLADE DECOUSUE ASPHALTE
Sur le cul d’un camion peau lissecul blanc sale glacial
elle glaciale glisse l’ombre agitation de feuillages se gaufre sur brûlante
l’asphalte encore et fond se confond laisse filer le camion blanc sale quartd’heure
en quarantaine dans une fin drôle de dégaine fin de semaine qui se traîne s’égrène personne vieille rengaineplainte malsaine à la peine à la peine
c’est le cul d’un camion blanc sale cul blanc petit lapin qui file entre lesplatanes des feuillages l’ombre boulevard a sauté s’agrippe camouflage elle glisse l’ombre sauvage hayon trop lisse se gaufre sur brûle l’asphalte fond se confond laisse filer le camion cul blanc chou blanc laisse filer filer
saute !
s’agrippe glisse sale quart d’heure en quarantaine ressassé dans le sas d’une fin de semaine à la peine à la peine poignée de secondes qui s’égrènent la vieille
rengaine la plainte malsaine se traînent fin sans fin fin de
semaine image à la chaîne toujours la même.
Feuillages qui plongent leur ombre sans qu’on la voie personne surnage voyage si quelqu’un suit l’écran qui file entre les platanes terne sale l’écran cependant frémissant l’écran agitation feuillage oui chevelure blonde concentrée sur un guidon suit l’écran voudrait que ça dure que ça s’éternise feuillage maquillage sur hayon de camion
mais non ça vacille ça glisse bascule se consume disparaît elle chevelure blonde agitation perchée aurait voulu que ça durât penchée sur un guidon que ça
s’éternisât à perpétuité la chevelure en quarantaine dans un
faisceau sur le tard presque coucher de soleil couchée sur le guidon
la chevelure dorée blessée presque rouge qui s’éternise
dur le boulevard boulevard qui dure qu’elle endure
sûr elle voudrait
pédaler pédaler sans freiner ni jamais s’arrêter
sans accélérer jamais ni ralentir humeur égale mouvement perpétuel.
Mouvementperpétuel toujours le même mot lequel ? n’importe! pourquoi ?
non! pas n’importe non !
toujours toujours toujours perpétuel
perd pieds tu elle nous elle belle ombre sauvage
s’agrippe glisse boulevard billard se gaufre sur fond tout fond au fond tout fond tout au fond
infini qui sans fin s’écrit sans fin sur l’écran s’écrit sans jamais reposer dans l’encrier le stylo sans fin glisse sans zéro l'infini sans l’auréole du zéro
sans érosion
encrier sans fond des ombres qui sautent et glissent