Donne-moi
Port-Cros ta mer donne-moi tes
vagues qui font le gros dos te prennent d’assaut éphémères
dauphins en vagues troupeaux lambeaux de marsouins hardes de
laine blanche que les gifles du vent cardent et brocardent et
même placardent sur tes
sombres roches.
Donne-moi
Port-Cros tes vallons donne-moi tes
sentiers qui buttent sur le socle bleu de la solitude
avalent dévalent cavalent s’emballent au vent crinières des
chênes verts tes résilles de racines serpentines de
schistes burinés tentacules majuscules du
temps qui fige et bouscule le
ciel le chemin le roc.
Donne-moi
Port-Cros tes pins d’Alep tortueuse
tristesse musculeuse allégresse imposant au soleil
de ténébreux nuages hissés à bout de certitude entre les chênes
qui se déhanchent pour se donner les coudées
franches et se distinguer des noueux
mûriers blancs.
Donne-moi
Port-Cros ton silence donne-moi
le frémissement des aiguilles de l’incertitude soudain
soumis au vent souvent au sécateur cinglé des cigales aux cris des
martinets au caquet du criquet égyptien au sifflement
rauque et roulé du guêpier envolé
au grincement de la
fauvette pitchou
et sur les vagues du jour
qui rend les armes cantilène le rossignol
au bord des ....mais soudain le vent s’arrime s’accroche au râteau des
rochers ça rime à quoi à peu de chose hululement
minéral mélopédique lacrimosa monodique
le vent s’escrime mais Port-Cros
ne bouge pas d’un cil
reste une île
un cri
prélude à l’ inquiétude.
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