CASCADES
C’est au-delà
Masqués par l’abrupte falaise
Que des doigts inconnus brassent rassemblent tressent
Les fils de la Vierge
Les cheveux immaculés des saints du ciel
Et de toutes les innocentes bénédictions dispensées au hasard
Par les bancs de brouillard
Et de brume, les modestes stratus
Les angéliques cirrus les cumulus rabelaisiens
Aux joues gonflées
Comme celles des anges sonneurs
Préposés à l’annonce de l’ultime du redouté jugement dernier.

Tous ces cheveux
Eclatants de blancheur, blancheur du sourire
D’un temps aussi vieux que l’éternité se tissent et s’enlacent
En crinières de pur-sang
Danse de mousselines célébrant sept voiles
Ceux de Salomé, rêve, esquive, désir, mort, rédemption
Eternité, éternité, éternité,
Niant l’espace d’un serment l’attraction terrestre,
L’espace d’un serrement de cœur l’humaine pesanteur
Cascades suspendues
Aux corniches sévères d’un paradis karstique
Avant la chute la rédemption le rétablissement, chute rédemption rétablissement, chrrr.
Parfois des hallebardes
Fauchées par l’arc-en-ciel mitraillent le miroir
Des lacs verts, bleus, gris ou noirs, venant à bout d’une sérénité
Qu’ils vomissent en gerbes
Vers la vallée, les hommes et leurs fumées,
Vers les ruines du futur le gouffre de l’oubli la tombe des puretés
Où tourne le silence
Comme une fraise usinant sous la lampe à arc
L’entonnoir d’un nombril le tourbillon d’une perte d’une aspiration.

