Né au pays de nulle part
Qui pourtant se trouve bien quelque part
Dans sa mémoire pleine de trous noirs
Où se bousculent les chapitres
Sans chiffre ni titre
Il cherche
Il cherche alors qu’il se fait tard.
Malgré tout au moindre indice
Il déploiera ses ailes avec délice
Remontera au fil du temps
Se fiera au grondement du torrent
Guettera la lumière dorée
Qui avait salué
Ses cris de nouveau né.
Il croira reconnaître
Ce parfum familier d’une
Taie d’oreiller de lavande encensée
Il fermera les yeux.
Alors lui semblera dans son coffre olfactif
N’abriter que le désir fictif
De ce parfum de ce passé
Avec le temps l’un comme l’autre
Eventés presque effacés.
Le parfum du désir peut-il remplacer
Le parfum désiré ? Comme le fil d’Ariane
Peut-il le mener vers l’autel où se mêlent
Les volutes des lampes des encensoirs
De la nostalgie du soir.