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Maison de la Radio

Îlot au bord de l’eau

Deuxième étage.

Sur la vaste plage

Du bar du Bel Air

Il fait toujours beau

Même si souvent le ciel

Vire au pastel

Incolore bien que clair.

Pourtant la Tour Eiffel

Y plante sa toque

Hérissée d’antennes

Son casque aux multiples pointes

Pour elle j’égraine:

La redoutable aiguille, la corne acérée de l’acier bleu,

Les pelotes d’épingles fines

Une ligue pour transpercer le spleen blafard

Et voir couler trois gouttes de feu

Rouge sang dans le ciel cafard.

 

La dépression est grave

Le carmin, l’écarlate, le rubis,

Dans le ciel sans fond ni roulis

Se sont noyés.

Suicide ou pas de côté ?

Peut-être un sentiment de culpabilité.

Guerriers vaincus par la grisaille d’un paradis artificiel

Envahi de fausses passions

Désertés par  les héros prêts, par amour,

Pour l’honneur, par bravoure

A verser leur sang.

 

La Tour Eiffel voudrait pouvoir

Se pencher pour mieux voir

Ce qui s’écoule dans les artères

De la Ville Lumière, perspectives enfumées,

Pensées embrumées.

Comprendre le mirador élancé

Ses yeux - fenêtres sans vitres sans ciel

Les totems, les mégalithes

Sans esprit, sans mystère, sans grâce.

Les pyramides tronquées ou amputées d’une part

D’elles mêmes. Des Linguams sans esprit

Ni langage.

Et l’escargot enroulé sur lui-même, ses scènes, ses antennes,

Maison de la Radio

Radeau de la méduse blême

Qui ne dérive pas sur le fleuve impassible

La Seine tandis que sur la scène

Chacun des musiciens chauffant son instrument

Mêle ses harmoniques au nuage originel

De la création d’un univers musiciel, soupe magma, nuage

Dont émerge une œuvre, un moment, un monument

Peut-être poétique peut-être lyrique.

 

 

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