Tu as poussé bien noir, Henri, regard noir, cheveux noirs, barbe noire. Tu t'habillais de noir, ta santé fragile était ta bête noire. Peut-être as-tu broyé du noir de ne plus pouvoir monter tes chevaux préférés. Alors très vite tu as enfourché des crayons...
Lire la suiteEt partir
Quand la maison s'enlise dans la tourbière des souvenirs Lourde de tant de petites boîtes élégiaques apostrophant le soir De tiroirs débordant de lettres minutieuses D'ardeurs affectueuses et d'objets épuisés Que j'aurais dû jeter Quand de cave en grenier...
Lire la suiteESTIVALE V
Pas à pas plus haut aller La montagne est solaire sur l'eau glacée du lac Sur une crête acide quatre pins à crochet Feu le ciel au-dessus des rochers Sur mes épaules le poids d'un sac Ni lourd ni léger. Existes-tu dans une autre vallée? Sais-tu sourire...
Lire la suiteESTIVALE IV
Dans ton pays Tout vient des collines et des vignes La verdure Foisonnante et domptée Le vin Fougueux et bonifié Les maisons Aux porches voraces et généreux. Dans ton pays Tout vient des collines et des vignes Les nuages Ombreux ou lumineux Le silence...
Lire la suiteESTIVALES II
Est-ce l'été, ses absences? La brise balaie les certitudes. Fissures intimes, solitude. Désert et désir du fusain. Paroi dressée comme un prélude. Fusain récitant le grain du rocher Ecrasant sa blancheur par vagues sèches Dessinant des phares sur d'âpres...
Lire la suiteESTIVALES III
Le silence est bleu au-dessus des monts Vert sur le nénuphar et l'eau de la mare Lézard tremblant entre les pierres gréseuses. Le silence est gris de la bure de l'étude Noir sous le ciel d'orage et l'arbre sans âge Ruban de joie entre nos doigts noués...
Lire la suiteESTIVALE I
Est-ce juillet, son soleil? La cloche défait les illusions. Un long soupir, transition, Béance et silence enfiévré, Naissance d'un horizon. Silence essorant les draps du ciel Lessivant les façades à grandes eaux Fermant les persiennes sur de sombres siestes...
Lire la suiteLE PAIN DU SILENCE
Vent de l'été sur un champ de silence Des épis plus chauds que pierre d'escalier ou mur de cimetière Des pépites enfouies dans la bale et la barbe. Surgit un sifflement précautionneux, serti d'innocence: Avions aseptisés, faux bien aiguisées Qui froissent...
Lire la suiteDECHIRURE
Perdu dans les nuages le mois de juin Déchiqueté par les vents changeants Apporte dans ses bourrasques L'écho des explosions de feux d'artifice. Voiture qui démarre, brusquement, Par la vitre ouverte un bras s'agite, Un lien se tend jusqu'à rompre. Les...
Lire la suiteFRONT DE MER
Ilots de galets, allées de bois, ruisseaux de sable. Falaises fragiles, jeux saisonniers, restaurants provisoires. Cerfs volants frémissants, hésitants, résistants. Front de mer adossé aux murs des résidences de verre Et de béton, hérissé d'une forêt...
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